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Dépôt d'un Charles Cottet par un particulier

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09 juin 2016

Au 1er étage, salle 23


Charles Cottet (1863- 1925) - Femmes de Plougastel au pardon de Sainte-Anne-la-Palud - Huile sur toile, 2.20 x 1.80 m

Charles Cottet (1863- 1925) - Femmes de Plougastel au pardon de Sainte-Anne-la-Palud - Huile sur toile, 2.20 x 1.80 m

 

Une très belle œuvre de Charles Cottet nous a généreusement été déposée par Monsieur et Madame Hardy pour une durée d’un an renouvelable. Elle a trouvé une place de choix parmi les toiles de cet artiste appartenant au musée et celles de Lucien Simon.

Ce tableau n’est peut-être pas étranger au public : il s’agit en effet de Femmes de Plougastel au pardon de Sainte-Anne-la-Palud présenté au Salon de la Société Nationale de 1904, dont l’étude de 1903 est actuellement exposée au musée des beaux-arts de Rennes.

Son histoire est assez surprenante : dans les années 1920, il était l’un des fleurons de la salle française de l’Albright-Knox Art Gallery de Buffalo, parmi des œuvres de Lhermitte, Millet, Monet, Maufra… Pour des raisons encore inconnues, il est vendu chez Christie’s à New York en 1982 et acheté par Roger Prigent, Breton de New York, photographe de mode puis antiquaire, collectionneur effréné de mobilier Empire, qui l’accroche dans son appartement de Manhattan en souvenir de ses origines bretonnes. A son décès en 2012, cette toile revient à ses cousins rennais Pierre et Françoise Hardy, qui, après moult négociations, parviennent à ramener le tableau sur ses terres d’origine et le déposent au musée des beaux-arts de Quimper.

C’est donc une oeuvre inédite, jusque-là seulement connue à travers son esquisse rennaise,  qui est actuellement proposée au public.

  L’apprentissage de Cottet à l’Académie Julian à Paris est complété par l’étude des maîtres hollandais et par les conseils de Puvis de Chavannes. Ses premières œuvres montrent qu’il recherche sa voie personnelle sans se contenter de suivre la mode impressionniste comme ses camarades. Sa découverte de la Bretagne en 1885 contribue à son évolution picturale. S’installant à Camaret, il se prend de passion pour ce pays et sa population. Excellent pêcheur, il part régulièrement en mer accompagnant les pêcheurs jusqu’aux îles de Sein ou de Ouessant sur de petites barques qui doivent affronter les tempêtes fréquentes sur les côtes. Durant ses longs séjours d’hiver et de printemps chaque année jusqu’en 1913, il est fortement marqué par la vie quotidienne de cette population souvent confrontée à la mort et à la misère. Il tente de retracer à travers une peinture sombre la destinée de ce « peuple de la mer ». Parallèlement aux scènes de deuil, il se consacre à des marines le plus souvent par temps d’orage ou à l’approche d’un grain. Il se place alors dans la tradition de la peinture réaliste, à l’opposé de la peinture claire alors à la mode. Cottet sera considéré comme le porte-parole du groupe de « la bande noire » qui regroupe Simon, Carrière, Blanche, Aman-Jean ou Besnard. Les œuvres aux thèmes mélodramatiques de Cottet ont vite été démodées et ont suscité un certain rejet de son œuvre, alors qu’il avait connu un prodigieux succès jusqu’à la Première Guerre mondiale