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Dernières acquisitions "Equilibre " et "Gemmes" de Jean Deyrolle

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01 février 2017

Au 1er étage, salle 24


Jean Deyrolle (1911-1967) - Equilibre, 1945 - Huile sur toile, 130 x 97 cm - Musée des beaux-arts de Quimper © Musée des beaux-arts de Quimper

Jean Deyrolle (1911-1967) - Equilibre, 1945 - Huile sur toile, 130 x 97 cm - Musée des beaux-arts de Quimper © Musée des beaux-arts de Quimper

Jean Deyrolle (1911-1967) - Gemmes, 1959 - Tempera sur toile, 73 x 60 cm – musée des beaux-arts de Quimper © ADAGP, Paris 2017

Jean Deyrolle (1911-1967) - Gemmes, 1959 - Tempera sur toile, 73 x 60 cm – musée des beaux-arts de Quimper © ADAGP, Paris 2017

Jean Deyrolle, originaire de Concarneau, présente plusieurs liens avec le musée : son grand-père Théophile Deyrolle et son grand-oncle Alfred Guillou, peintres académiques de Concarneau, sont bien représentés dans les collections. Jean est également considéré comme un héritier spirituel des Nabis. Après avoir parcouru le Maroc en compagnie de sa cousine Jeannine Guillou et du compagnon de celle-ci, Nicolas de Staël, Deyrolle découvre l’art de Paul Sérusier à Châteauneuf-du-Faou en 1941, avec le critique d’art Charles Estienne qui demeure alors à Quimper : « Vu des trucs épatants qui m’ont donné grand courage, et en même temps indiqué que je n’avais peut-être pas tout à fait tort de peindre comme je le fais. Evidemment Sérusier n’a rien vendu de son vivant, j’aimerais mieux ne pas faire pareil ».  

L’œuvre Equilibre de 1945 que la famille de l’artiste a généreusement donnée au musée par la famille de l'artiste, appartient à la première période abstraite (1944-1947) de Deyrolle que Charles Estienne qualifie de « période Uhde », du nom de collectionneur allemand qui acheta plusieurs tableaux de l’artiste au Salon des Surindépendants de 1945.

On retrouve dans cette œuvre les premiers pas de Deyrolle vers un passage du système figuratif à la peinture abstraite, même s’il s’agit encore, il le reconnut lui-même plus tard, d’une abstraction « bâtarde » où tout élément figuratif n’est pas encore annihilé.

La composition est vigoureusement charpentée par des lignes courbes accentuées qui déterminent des formes se détachant sur un fond neutre. La palette est encore sombre avec quelques éclats de couleurs qui donnent du rythme au tableau.

 

Gemmes de 1959 (Achat auprès de la famille de l’artiste, avec l’aide du FRAM, 2016) témoigne d’une longue période abstraite : Deyrolle a découvert Gordes dans le Vaucluse en 1947 et le choc émotionnel ressenti par l’artiste a eu un fort impact sur son vocabulaire plastique. Il utilise désormais la tempera qui révèle ses talents de délicat coloriste. Zébrures brisées, fissures lumineuses délimitent des formes simples mais « déchiquetées comme en proie à de violentes perturbations »

Loin du conflit qui secoue alors le monde de l’art entre abstraction lyrique et abstraction géométrique, Jean Deyrolle développe  une abstraction personnelle, synthèse de l'être et de la nature.