École de Pont-Aven

L’Ecole de Pont-Aven au musée des beaux-arts de Quimper 

L’esprit de la collection

 C’est en 1861 que Jean-Marie de Silguy, originaire de la région quimpéroise, décide par testament de léguer sa collection d’œuvres d’art à la Ville de Quimper, à la condition qu’un bâtiment spécifique soit construit. A sa mort en 1864, c’est donc près de 1200 peintures et 2000 dessins, principalement d’art ancien, qui constituent le noyau du musée des beaux-arts inauguré en 1872. Les conservateurs qui se succèdent à la tête de l’institution multiplient les acquisitions d’œuvres d’inspiration bretonne mais leur proximité avec les peintres académiques du XIXe siècle réunis à Concarneau leur fait délaisser la modernité picturale de l’Ecole de Pont-Aven.

Les années 1930, cinquante ans après l’arrivée de Gauguin en Bretagne, voient l’acquisition d’œuvres intéressantes mais encore mineures comme La Vieille du Pouldu de Sérusier ou Le Pardon du Folgoët de Maurice Denis. Les tentatives du fils d’Emile Bernard de vendre une œuvre de son père, peintre emblématique du synthétisme, restent vaines.

Un intérêt pour les œuvres de Pont-Aven après la Guerre

 

En 1950, l’Etat dépose au musée Le Pardon de Notre-Dame-des-Portes à Châteauneuf-du-Faou de Sérusier tandis que la veuve de l’artiste donne Paysage ogival. On peut penser que l’organisation cette même année d’une exposition consacrée à Gauguin et au groupe de Pont-Aven a pu largement contribuer à ces propositions d’enrichissement des collections.

Cependant, les oeuvres  de Gauguin sont alors financièrement hors de portée pour le musée. On peut toutefois noter l’acquisition en 1999 de L’Oie, témoignage avant tout historique du séjour de Gauguin au Pouldu car il s’agit d’un fragment du décor de l’auberge de Marie Henry au même titre que la porte de placard réalisée par Meijer de Haan et le plâtre Le Génie à la guirlande de Filiger, issus de la vente de la collection de Marie Poupée. Quelques années plus tard, l’entrée au musée de la gravure La Femme aux figues et de la gourde de pèlerinage vient abonder ce fonds Gauguin, certes modeste mais non sans intérêt.

Grâce aux rénovations de 1976 puis de 1993, une politique active de dépôts, d’achats et de dons a permis à la collection de l’Ecole de Pont-Aven et du cénacle des Nabis de jouer aujourd’hui un rôle majeur dans l’attractivité et le rayonnement du musée.

Fleurons de la collection

Les œuvres graphiques conservées dans le cabinet des dessins et des estampes traduisent parfaitement la démarche artistique des artistes synthétistes, tant français (Seguin, Bernard, Maufra…) qu’étrangers (Ballin, O’Conor…). L’aquarelle Le Bois d’amour d’Emile Bernard, acquise en 1978, est un véritable chef-d’œuvre mais c’est  sans  doute  le  fonds  graphique  de  Charles  Filiger  très largement accru en 2005 par les dons d’ Aube Elléouët, fille d’André Breton, qui fait la spécificité de la collection d’arts graphiques dédiée à Pont-Aven au musée de Quimper.

Quant à la peinture, plusieurs ensembles remarquables - les oeuvres de Sérusier dont l’emblématique L’Incantation léguée par Henriette Boutaric, héritière de Marguerite Sérusier ; celles de Maufra, de Moret, de Lacombe, sans compter  Etudes de Bretonnes d’Emile Bernard (dépôt du musée d’Orsay) - témoignent de ce bouleversement radical impulsé à Pont-Aven et constituent les fleurons du musée des beaux-arts de Quimper.

Si des lacunes subsistent pour raconter au musée l’histoire de ce mouvement artistique majeur et fondateur, il n’en reste pas moins que le visiteur peut voyager sur les pas de Gauguin et de ses amis entre Pont-Aven, Le Pouldu, Huelgoat, Camaret et Châteauneuf-du Faou et se laisser envoûter par d’autres artistes influencés par Sérusier qui constituent le groupe des Nabis (« prophètes » en hébreu) tels Maurice Denis, Vallotton ou Ranson.

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