Art des 20e et 21e siècles

RUE JOUBERT (ANGERS)

Jacques VILLEGLÉ (1926-)

1957

Agrandir l'image jpg 301Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Jacques Villeglé (né en 1926) - Rue Joubert (Angers), 1957, affiches lacérées, marouflées sur toile, 43 x 65 cm - musée des beaux-arts de Quimper © ADAGP, Paris

Affiches lacérées marouflées sur toile

2016-5-1

Don de l'association des Amis du musée en 2016

H. 42,6 cm - L. 62 cm

La lacération est un non…

 La majorité des artistes qui ont appartenu au mouvement des Nouveaux Réalistes étaient originaires du sud de la France : Jacques Villeglé, lui, est né à Quimper en 1926, a passé une grande partie de son enfance à Vannes, a étudié à Rennes où il a rencontré Raymond Hains, puis à Nantes, a passé ses vacances à Saint-Malo, a fréquemment visité Angers où habitaient ses parents… C’est d’ailleurs dans la rue Joubert, titre de notre tableau, que demeurait sa belle-mère…

L’œuvre fondatrice donnée par l’association des Amis du musée date de septembre 1957 : en avril-mai, Villeglé, en compagnie de Hains, présente pour la première fois ses affiches chez Colette Allendy. Les cartels des œuvres indiquent l’emplacement et la date de l’arrachage mais pas le nom des auteurs, ce qui en dit long sur la démarche d’objectivation de l’artiste.

Face à l’incompréhension des critiques et du public, Villeglé publie en 1958 Des réalités collectives où il présente la lacération comme une « manifestation spontanée » :

 L’artiste devient celui qui choisit, qui collectionne (…) il s’empare d’une « composition » dotée de qualités esthétiques qui nous est révélée par la démarche de l’artiste dont l’intervention prend forme par le cadrage.   

 Rue Joubert, résultat d’une superposition d’affiches lacérées, est très représentative du mode opératoire de l'artiste, appropriation du réel mais aussi beauté des mots, des lettres, des couleurs qui se superposent, se télescopent pour former une poésie visuelle. Il laisse émerger du chaos de la ville une certaine esthétique où s’unissent textes et images dans un tourbillon de couleurs et de mots fragmentés. Le quotidien, le « vil » entrent ainsi dans le monde de l’art : s’il n’intervient pas sur l’affiche elle-même, Villeglé choisit sa proie en examinant le lien qu’elle peut faire naître entre beauté plastique et message politique, poétique ou social.

Art des 20e et 21e siècles

RUE JOUBERT (ANGERS)

Jacques VILLEGLÉ (1926-)

1957

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Jacques Villeglé (né en 1926) - Rue Joubert (Angers), 1957, affiches lacérées, marouflées sur toile, 43 x 65 cm - musée des beaux-arts de Quimper © ADAGP, Paris

Affiches lacérées marouflées sur toile

2016-5-1

Don de l'association des Amis du musée en 2016

H. 42,6 cm - L. 62 cm

La lacération est un non…

 La majorité des artistes qui ont appartenu au mouvement des Nouveaux Réalistes étaient originaires du sud de la France : Jacques Villeglé, lui, est né à Quimper en 1926, a passé une grande partie de son enfance à Vannes, a étudié à Rennes où il a rencontré Raymond Hains, puis à Nantes, a passé ses vacances à Saint-Malo, a fréquemment visité Angers où habitaient ses parents… C’est d’ailleurs dans la rue Joubert, titre de notre tableau, que demeurait sa belle-mère…

L’œuvre fondatrice donnée par l’association des Amis du musée date de septembre 1957 : en avril-mai, Villeglé, en compagnie de Hains, présente pour la première fois ses affiches chez Colette Allendy. Les cartels des œuvres indiquent l’emplacement et la date de l’arrachage mais pas le nom des auteurs, ce qui en dit long sur la démarche d’objectivation de l’artiste.

Face à l’incompréhension des critiques et du public, Villeglé publie en 1958 Des réalités collectives où il présente la lacération comme une « manifestation spontanée » :

 L’artiste devient celui qui choisit, qui collectionne (…) il s’empare d’une « composition » dotée de qualités esthétiques qui nous est révélée par la démarche de l’artiste dont l’intervention prend forme par le cadrage.   

 Rue Joubert, résultat d’une superposition d’affiches lacérées, est très représentative du mode opératoire de l'artiste, appropriation du réel mais aussi beauté des mots, des lettres, des couleurs qui se superposent, se télescopent pour former une poésie visuelle. Il laisse émerger du chaos de la ville une certaine esthétique où s’unissent textes et images dans un tourbillon de couleurs et de mots fragmentés. Le quotidien, le « vil » entrent ainsi dans le monde de l’art : s’il n’intervient pas sur l’affiche elle-même, Villeglé choisit sa proie en examinant le lien qu’elle peut faire naître entre beauté plastique et message politique, poétique ou social.

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