Art des 20e et 21e siècles

Querelle d'hiver

Pierre Roy (1880-1950)

1940

Agrandir l'image jpg 599Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Pierre Roy (1880-1950), Querelle d'hiver, 1940, huile sur toile, musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2018-4-1

Acquisition en 2018 auprès de la Galerie 1900-2000, David et Marcel Fleiss, Paris.

H. 59 cm - L. 80 cm

Je n’ai absolument, comme peintre, aucune philosophie. Quand je peins quoi que ce soit, je suis tout entier au plaisir de peindre. Je n’ai pas la moindre intention de symbolisme. Mais très souvent (parfois longtemps après avoir achevé mon tableau), je prends conscience de ce qui m’a inspiré et de ce que ma toile signifie…. [Par] exemple : après avoir peint une table de faux marbre, avec deux bûches dressées dessus, sur un ciel d’hiver tourmenté, je compris que c’était l’histoire d’une liaison dont j’avais été mis au courant. La bûche de gauche, plus ou moins phallique, c’était l’homme. Celle de droite, la femme, peut-être enceinte ou dotée d’une grosse poitrine. L’une et l’autre affrontées, et séparées par une canne (pouvant aussi bien servir à la marche qu’à battre quelqu’un), des feuilles mortes (évoquant déclin et tristesse), des oignons (évoquant les pleurs). J’appelai cette peinture : Querelle d’hiver. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai fait cette œuvre sans la moindre idée préconçue et sans intention volontaire. Je suppose que c’est ce qu’on appelle surréalisme, qui a existé depuis que le monde est monde …

 

Extraits d’une réponse à un questionnaire du musée d’Art moderne de New York rempli par Pierre Roy en 1947.

 

L'année de la création de cette œuvre, l’invasion de la France est consommée et l’Occupation commence en juin. En 1940, Pierre Roy se réfugie au printemps à Cusset, non loin de Vichy. Il est de retour à Paris dans son atelier de la rue des Saints-Pères dès le début de l’été.  Ce tableau a sans doute été peint après son retour à Paris. L’atmosphère qui s’en dégage, autant que son titre, traduisent sans doute également la désespérance qui a recouvert le pays. Si le commentaire de Pierre Roy semble vouloir limiter la compréhension de l’œuvre au seul registre de l’anecdote et du domaine privé, on ne peut s’empêcher de ressentir un véritable trouble devant cette étrange nature morte, incongrue et irréelle, inscrite dans un vaste paysage.

Art des 20e et 21e siècles

Querelle d'hiver

Pierre Roy (1880-1950)

1940

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Pierre Roy (1880-1950), Querelle d'hiver, 1940, huile sur toile, musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2018-4-1

Acquisition en 2018 auprès de la Galerie 1900-2000, David et Marcel Fleiss, Paris.

H. 59 cm - L. 80 cm

Je n’ai absolument, comme peintre, aucune philosophie. Quand je peins quoi que ce soit, je suis tout entier au plaisir de peindre. Je n’ai pas la moindre intention de symbolisme. Mais très souvent (parfois longtemps après avoir achevé mon tableau), je prends conscience de ce qui m’a inspiré et de ce que ma toile signifie…. [Par] exemple : après avoir peint une table de faux marbre, avec deux bûches dressées dessus, sur un ciel d’hiver tourmenté, je compris que c’était l’histoire d’une liaison dont j’avais été mis au courant. La bûche de gauche, plus ou moins phallique, c’était l’homme. Celle de droite, la femme, peut-être enceinte ou dotée d’une grosse poitrine. L’une et l’autre affrontées, et séparées par une canne (pouvant aussi bien servir à la marche qu’à battre quelqu’un), des feuilles mortes (évoquant déclin et tristesse), des oignons (évoquant les pleurs). J’appelai cette peinture : Querelle d’hiver. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai fait cette œuvre sans la moindre idée préconçue et sans intention volontaire. Je suppose que c’est ce qu’on appelle surréalisme, qui a existé depuis que le monde est monde …

 

Extraits d’une réponse à un questionnaire du musée d’Art moderne de New York rempli par Pierre Roy en 1947.

 

L'année de la création de cette œuvre, l’invasion de la France est consommée et l’Occupation commence en juin. En 1940, Pierre Roy se réfugie au printemps à Cusset, non loin de Vichy. Il est de retour à Paris dans son atelier de la rue des Saints-Pères dès le début de l’été.  Ce tableau a sans doute été peint après son retour à Paris. L’atmosphère qui s’en dégage, autant que son titre, traduisent sans doute également la désespérance qui a recouvert le pays. Si le commentaire de Pierre Roy semble vouloir limiter la compréhension de l’œuvre au seul registre de l’anecdote et du domaine privé, on ne peut s’empêcher de ressentir un véritable trouble devant cette étrange nature morte, incongrue et irréelle, inscrite dans un vaste paysage.

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