École italienne et espagnole

TÊTE D’HOMME AVEC UN TURBAN

Francesco FRACANZANO (1612-1656 ?)

2ème moitié du XVIIe

Agrandir l'image jpg 255Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Francesco Fracanzano (1612-1656 ?) Tête d'homme avec un turban, huile sur toile © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

873-1-602

Legs de Silguy, 1864

H. 56,8 cm - L. 47,2 cm

Francesco Fracanzano, peintre originaire des Pouilles, mena une carrière presque exclusivement napolitaine, partagée entre les commandes religieuses de la ville et les décors des palais privés de la campagne environnante. On connaît de lui toute une série de figures isolées de personnages bibliques ou de saints et de philosophes antiques en méditation. Ce type de représentation d’origine ibérique dérive non seulement de José de Ribera (1591-1652) mais aussi de Velázquez (1599-1660), dont le séjour à Naples en 1630 puis en 1650 fut déterminant dans l’évolution de l’école napolitaine. Comme Caravage (1571-1610) et les peintres espagnols, Fracanzano choisit presque toujours ses modèles dans la réalité populaire, voire parfois plébéienne, dans une recherche d’individualisation psychologique, d’un réalisme plus intime et aussi plus humain.

La peinture du musée de Quimper répond à un genre répandu au XVIIe siècle, connu sous l’appellation de « têtes de fantaisie » ou de « testaccie ». Ces œuvres, qui répondaient au goût antique et philosophique, étaient rapidement réalisées par les peintres et avaient, de fait, un intérêt commercial ; mais bien qu’« alimentaires », ces travaux étaient souvent d’une grande qualité picturale. C’est ce que démontre ce tableau de Fracanzano, qui aurait été contraint à produire en série des figures en buste en raison du profond dénuement dans lequel il vivait. C’est un magnifique exemple de style « pittoricistico » dans sa matière épaisse, sa touche impétueuse et très marquée, « à la vénitienne », d’une couleur chaude et sensuelle. Si Fracanzano a puisé chez Ribera l’essentiel de son inspiration, il a également hérité de son maître sa facture dense et compacte, ses effets puissants de luminisme, son sens tactile des matières. Fracanzano atteint ici un sommet de réalisme, notamment dans le rendu des tissus, de la chair ou des rides du visage.

Mylène Allano, historienne de l'art

École italienne et espagnole

TÊTE D’HOMME AVEC UN TURBAN

Francesco FRACANZANO (1612-1656 ?)

2ème moitié du XVIIe

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Francesco Fracanzano (1612-1656 ?) Tête d'homme avec un turban, huile sur toile © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

873-1-602

Legs de Silguy, 1864

H. 56,8 cm - L. 47,2 cm

Francesco Fracanzano, peintre originaire des Pouilles, mena une carrière presque exclusivement napolitaine, partagée entre les commandes religieuses de la ville et les décors des palais privés de la campagne environnante. On connaît de lui toute une série de figures isolées de personnages bibliques ou de saints et de philosophes antiques en méditation. Ce type de représentation d’origine ibérique dérive non seulement de José de Ribera (1591-1652) mais aussi de Velázquez (1599-1660), dont le séjour à Naples en 1630 puis en 1650 fut déterminant dans l’évolution de l’école napolitaine. Comme Caravage (1571-1610) et les peintres espagnols, Fracanzano choisit presque toujours ses modèles dans la réalité populaire, voire parfois plébéienne, dans une recherche d’individualisation psychologique, d’un réalisme plus intime et aussi plus humain.

La peinture du musée de Quimper répond à un genre répandu au XVIIe siècle, connu sous l’appellation de « têtes de fantaisie » ou de « testaccie ». Ces œuvres, qui répondaient au goût antique et philosophique, étaient rapidement réalisées par les peintres et avaient, de fait, un intérêt commercial ; mais bien qu’« alimentaires », ces travaux étaient souvent d’une grande qualité picturale. C’est ce que démontre ce tableau de Fracanzano, qui aurait été contraint à produire en série des figures en buste en raison du profond dénuement dans lequel il vivait. C’est un magnifique exemple de style « pittoricistico » dans sa matière épaisse, sa touche impétueuse et très marquée, « à la vénitienne », d’une couleur chaude et sensuelle. Si Fracanzano a puisé chez Ribera l’essentiel de son inspiration, il a également hérité de son maître sa facture dense et compacte, ses effets puissants de luminisme, son sens tactile des matières. Fracanzano atteint ici un sommet de réalisme, notamment dans le rendu des tissus, de la chair ou des rides du visage.

Mylène Allano, historienne de l'art

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