École italienne et espagnole

LE MARTYRE DE SAINT JEAN L'ÉVANGELISTE

Giulia LAMA (1681-1747)

Vers 1720

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Giulia Lama (1681-1747) Le Martyre de Saint Jean L'Evangéliste, vers 1720 huile sur toile, 106,5 x 135,5 cm © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

873-1-48

Legs de Silguy, 1864

H. 106,5 cm - L. 135,5 cm

Cette composition, qui doit beaucoup au Saint Jacques conduit au martyre de Giovanni Battista Piazzetta (1683-1754) est l’œuvre d’une femme peintre dont on connaît mal la biographie, Giulia Lama. Une inscription au revers de la toile précise l’origine du tableau : l’œuvre fut donnée par le « seigneur Maurizio », guardian c’est-à-dire président, de la Scuola dei Dodici Apostoli, confrérie caritative de Venise. Ainsi que les autres scuole de Venise, celle-ci fut dissoute le 28 juillet 1806 par un édit napoléonien au moment de la création du royaume d’Italie et son patrimoine dispersé. Ni la date, ni le mode d’arrivée en France du Martyre de saint Jean l’Évangéliste ne sont connus, pas plus que la façon dont Jean-Marie de Silguy a pu l’acquérir. Si la date de 1720 portée sur l’inscription ancienne n’indique pas l’année de la présidence de Maurizio, elle indique donc la date de création du tableau. Le cas échéant, ce repère serait important car la chronologie des œuvres de Lama est très difficile à reconstituer.

Magnifique pièce de l’ancienne collection Silguy, cette toile ne représente pas à proprement parler le martyre de saint Jean mais le moment qui le précède. L’accent est mis sur le dépouillement et l’audace de contrastes lumineux marqués à grandes taches. La narration est ainsi réduite à l’essentiel : ne sont représentés que le bourreau qui ligote les mains du saint et le grand prêtre qui tente, une dernière fois, de lui faire adorer une idole païenne. Une masse noire au premier plan rappelle le sort qui sera réservé à saint Jean ; on devine dans cet accessoire la cuve d’huile bouillante dans laquelle il sera plongé. L’ensemble forme un groupe compact, sorte de figure tricéphale vue en contre-plongée. Le dépouillement de la composition n’a d’égal que l’intelligence de l’ordonnance des formes, disposées avec dynamisme par un jeu de diagonales et d’obliques. L’impression d’énergie ainsi créée est renforcée par de saisissants effets lumineux. D’une manière tranchée, le saint inondé de lumière ressort avec vigueur, comme une tache d’une grande clarté plastique, sur un fond aux tonalités brunes et roussâtres.

Mylène Allano, historienne de l'art

École italienne et espagnole

LE MARTYRE DE SAINT JEAN L'ÉVANGELISTE

Giulia LAMA (1681-1747)

Vers 1720

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Giulia Lama (1681-1747) Le Martyre de Saint Jean L'Evangéliste, vers 1720 huile sur toile, 106,5 x 135,5 cm © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

873-1-48

Legs de Silguy, 1864

H. 106,5 cm - L. 135,5 cm

Cette composition, qui doit beaucoup au Saint Jacques conduit au martyre de Giovanni Battista Piazzetta (1683-1754) est l’œuvre d’une femme peintre dont on connaît mal la biographie, Giulia Lama. Une inscription au revers de la toile précise l’origine du tableau : l’œuvre fut donnée par le « seigneur Maurizio », guardian c’est-à-dire président, de la Scuola dei Dodici Apostoli, confrérie caritative de Venise. Ainsi que les autres scuole de Venise, celle-ci fut dissoute le 28 juillet 1806 par un édit napoléonien au moment de la création du royaume d’Italie et son patrimoine dispersé. Ni la date, ni le mode d’arrivée en France du Martyre de saint Jean l’Évangéliste ne sont connus, pas plus que la façon dont Jean-Marie de Silguy a pu l’acquérir. Si la date de 1720 portée sur l’inscription ancienne n’indique pas l’année de la présidence de Maurizio, elle indique donc la date de création du tableau. Le cas échéant, ce repère serait important car la chronologie des œuvres de Lama est très difficile à reconstituer.

Magnifique pièce de l’ancienne collection Silguy, cette toile ne représente pas à proprement parler le martyre de saint Jean mais le moment qui le précède. L’accent est mis sur le dépouillement et l’audace de contrastes lumineux marqués à grandes taches. La narration est ainsi réduite à l’essentiel : ne sont représentés que le bourreau qui ligote les mains du saint et le grand prêtre qui tente, une dernière fois, de lui faire adorer une idole païenne. Une masse noire au premier plan rappelle le sort qui sera réservé à saint Jean ; on devine dans cet accessoire la cuve d’huile bouillante dans laquelle il sera plongé. L’ensemble forme un groupe compact, sorte de figure tricéphale vue en contre-plongée. Le dépouillement de la composition n’a d’égal que l’intelligence de l’ordonnance des formes, disposées avec dynamisme par un jeu de diagonales et d’obliques. L’impression d’énergie ainsi créée est renforcée par de saisissants effets lumineux. D’une manière tranchée, le saint inondé de lumière ressort avec vigueur, comme une tache d’une grande clarté plastique, sur un fond aux tonalités brunes et roussâtres.

Mylène Allano, historienne de l'art

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