Ecole italienne et espagnole

SAINTE MADELEINE PÉNITENTE

Guido RENI (1575-1642)

Vers 1627-1628

Agrandir l'image jpg 266Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Guido Reni (1575-1642) - Sainte Madeleine en prière, vers 1627-1628- Huile sur toile, 111 x 93 cm © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2013-0-11

Dépôt de l'État de 1897 ; Transfert de propriété de l'État à la ville de Quimper en 2013

H. 111,5 cm - L. 93 cm

Cette Madeleine pénitente est l’œuvre de l’un des plus grands peintres de l’Italie du XVIIe siècle, Guido Reni. Formé au sein de l’Académie des Carrache à Bologne, ce peintre développa un style d’inspiration classique et d’une élégance toute personnelle. Dans les années 1627-1628, il créa une série de personnages féminins isolés empruntés à la mythologie païenne ou biblique, avec une certaine prédilection pour le personnage de Marie-Madeleine. Ces œuvres jouirent d’une faveur particulière auprès des collectionneurs et des élites religieuses. Ainsi la version du musée de Quimper fut-elle achetée par Louis XIV à Monsieur Oursel, premier secrétaire du marquis de la Vrillière, en 1670. Preuve de la fortune du modèle créé par Reni, le monarque en possédait une autre version, aujourd’hui encore exposée au musée du Château de Versailles.

Magnifique Madeleine que voici en effet, idéal de beauté et de perfection, poitrine et épaules couvertes par les cascades souples de son abondante chevelure. Une telle sensualité peut surprendre dans un tableau de dévotion ; en réalité, cela suppose qu’il fut conçu pour un usage privé. La beauté charnelle de la figure ne sert du reste qu’à exalter le rôle de la prière : placées au centre de la composition, ce sont les mains jointes qui attirent d’emblée l’attention du spectateur. Rougies et déformées par la forte pression des doigts entrelacés, elles ressortent d’autant par contraste avec l’éclat diaphane du corps de la sainte. Et si cet ample drapé gris bleuté qui recouvre sa nudité met en valeur sa blancheur laiteuse, il est également symbole de pénitence, tout comme la grande croix face à laquelle l’illustre pécheresse médite est symbole de Rédemption. Tout est fait ici pour attirer l’attention sur la sainte, même la trouée vers le paysage verdoyant qui, loin d’entraîner vers lui le regard, fait au contraire office de repoussoir lumineux. Les yeux levés avec une fervente humilité, cette Madeleine est un modèle d’iconographie postconciliaire, illustration parfaite de la « vita contemplativa » à méditer. L’accord entre art et spiritualité est à son apogée dans cette composition équilibrée et calme, dont on ne peut qu’admirer la délicatesse du traitement et la légèreté de touche. Par la forme et le fond, cette œuvre, de fait, l’expression même de l’idéal esthétique et moral de l’art de Reni.

Mylène Allano, historienne de l'art

Ecole italienne et espagnole

SAINTE MADELEINE PÉNITENTE

Guido RENI (1575-1642)

Vers 1627-1628

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Guido Reni (1575-1642) - Sainte Madeleine en prière, vers 1627-1628- Huile sur toile, 111 x 93 cm © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2013-0-11

Dépôt de l'État de 1897 ; Transfert de propriété de l'État à la ville de Quimper en 2013

H. 111,5 cm - L. 93 cm

Cette Madeleine pénitente est l’œuvre de l’un des plus grands peintres de l’Italie du XVIIe siècle, Guido Reni. Formé au sein de l’Académie des Carrache à Bologne, ce peintre développa un style d’inspiration classique et d’une élégance toute personnelle. Dans les années 1627-1628, il créa une série de personnages féminins isolés empruntés à la mythologie païenne ou biblique, avec une certaine prédilection pour le personnage de Marie-Madeleine. Ces œuvres jouirent d’une faveur particulière auprès des collectionneurs et des élites religieuses. Ainsi la version du musée de Quimper fut-elle achetée par Louis XIV à Monsieur Oursel, premier secrétaire du marquis de la Vrillière, en 1670. Preuve de la fortune du modèle créé par Reni, le monarque en possédait une autre version, aujourd’hui encore exposée au musée du Château de Versailles.

Magnifique Madeleine que voici en effet, idéal de beauté et de perfection, poitrine et épaules couvertes par les cascades souples de son abondante chevelure. Une telle sensualité peut surprendre dans un tableau de dévotion ; en réalité, cela suppose qu’il fut conçu pour un usage privé. La beauté charnelle de la figure ne sert du reste qu’à exalter le rôle de la prière : placées au centre de la composition, ce sont les mains jointes qui attirent d’emblée l’attention du spectateur. Rougies et déformées par la forte pression des doigts entrelacés, elles ressortent d’autant par contraste avec l’éclat diaphane du corps de la sainte. Et si cet ample drapé gris bleuté qui recouvre sa nudité met en valeur sa blancheur laiteuse, il est également symbole de pénitence, tout comme la grande croix face à laquelle l’illustre pécheresse médite est symbole de Rédemption. Tout est fait ici pour attirer l’attention sur la sainte, même la trouée vers le paysage verdoyant qui, loin d’entraîner vers lui le regard, fait au contraire office de repoussoir lumineux. Les yeux levés avec une fervente humilité, cette Madeleine est un modèle d’iconographie postconciliaire, illustration parfaite de la « vita contemplativa » à méditer. L’accord entre art et spiritualité est à son apogée dans cette composition équilibrée et calme, dont on ne peut qu’admirer la délicatesse du traitement et la légèreté de touche. Par la forme et le fond, cette œuvre, de fait, l’expression même de l’idéal esthétique et moral de l’art de Reni.

Mylène Allano, historienne de l'art

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