École italienne et espagnole

LA VIERGE

Nicolò BERRETTONI (attribué à) (1637-1682)

Fin XVIIe

Agrandir l'image jpg 244Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Attribué à Niccolo Berrettoni (1637-1682) La Vierge - Huile sur cuivre, diam. 14 cm - Musée des beaux-arts de Quimper © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur cuivre

873-1-520

Legs de Silguy, 1864

Diamètre 14,5 cm

Cette charmante petite peinture sur cuivre reprend la figure de la Vierge représentée dans la Fuite en Égypte peinte par Carlo Maratta (1625-1713) pour la chapelle Chigi du Dôme de Sienne dans les années 1660, dont un autre exemplaire est conservé au Palais Barberini à Rome. Cette composition d’origine représente évidemment la scène dans son entier et le tableau du musée de Quimper n’en retient qu’un détail, petit mais significatif dans la mesure où ses nombreuses représentations de la Vierge valurent à Maratta le surnom de Carluccio delle Madonne (« Petit Carlo des Madones »). Maratta, à la tête de l’un des ateliers les plus en vue à Rome, fut le chef de file de l’école romaine à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe. Son style est souvent considéré comme classique. En réalité, il concilie l’idéalisme des Carrache et le lyrisme baroque de Giovanni Lanfranco (1582-1647), et sa splendeur répond parfaitement aux dogmes de la Contre-Réforme.

Dans le système de l’atelier, les maîtres réalisaient ou faisaient réaliser par leurs apprentis un ricordo, réplique le plus souvent en version réduite de compositions entières ou de détails, pour garder une trace de leur œuvre et en faire un outil dans la formation de leurs élèves. La qualité d’exécution du tableau du musée de Quimper indique qu’il s’agit d’un ricordo. Car sa facture conduit à écarter d’emblée l’hypothèse d’une œuvre autographe ; Carlo Maratta ne peignait pas de cette manière. Sa touche était plus léchée, exécutée avec un soin minutieux de façon à se faire oublier. Très personnelle et pleine de caractère, la technique picturale de l’œuvre ici présentée renvoie plutôt à l’un des meilleurs élèves de Maratta, peut-être Nicolò Berrettoni, peintre entré vers 1670 dans son atelier. On peut reconnaître ici sa liberté de touche, et notamment cette façon assez particulière de définir à longs coups de pinceaux un voile à l’articulation un peu déstructurée. Il est néanmoins regrettable pour l’historien d’art que cette œuvre soit si petite : non pas que cela enlève à sa valeur, bien au contraire, mais la compression de l’image est un frein à la pleine expression du style de son auteur, ce qui implique de rester prudent face à toute suggestion d’attribution.

Mylène Allano, historienne de l'art

École italienne et espagnole

LA VIERGE

Nicolò BERRETTONI (attribué à) (1637-1682)

Fin XVIIe

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Attribué à Niccolo Berrettoni (1637-1682) La Vierge - Huile sur cuivre, diam. 14 cm - Musée des beaux-arts de Quimper © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur cuivre

873-1-520

Legs de Silguy, 1864

Diamètre 14,5 cm

Cette charmante petite peinture sur cuivre reprend la figure de la Vierge représentée dans la Fuite en Égypte peinte par Carlo Maratta (1625-1713) pour la chapelle Chigi du Dôme de Sienne dans les années 1660, dont un autre exemplaire est conservé au Palais Barberini à Rome. Cette composition d’origine représente évidemment la scène dans son entier et le tableau du musée de Quimper n’en retient qu’un détail, petit mais significatif dans la mesure où ses nombreuses représentations de la Vierge valurent à Maratta le surnom de Carluccio delle Madonne (« Petit Carlo des Madones »). Maratta, à la tête de l’un des ateliers les plus en vue à Rome, fut le chef de file de l’école romaine à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe. Son style est souvent considéré comme classique. En réalité, il concilie l’idéalisme des Carrache et le lyrisme baroque de Giovanni Lanfranco (1582-1647), et sa splendeur répond parfaitement aux dogmes de la Contre-Réforme.

Dans le système de l’atelier, les maîtres réalisaient ou faisaient réaliser par leurs apprentis un ricordo, réplique le plus souvent en version réduite de compositions entières ou de détails, pour garder une trace de leur œuvre et en faire un outil dans la formation de leurs élèves. La qualité d’exécution du tableau du musée de Quimper indique qu’il s’agit d’un ricordo. Car sa facture conduit à écarter d’emblée l’hypothèse d’une œuvre autographe ; Carlo Maratta ne peignait pas de cette manière. Sa touche était plus léchée, exécutée avec un soin minutieux de façon à se faire oublier. Très personnelle et pleine de caractère, la technique picturale de l’œuvre ici présentée renvoie plutôt à l’un des meilleurs élèves de Maratta, peut-être Nicolò Berrettoni, peintre entré vers 1670 dans son atelier. On peut reconnaître ici sa liberté de touche, et notamment cette façon assez particulière de définir à longs coups de pinceaux un voile à l’articulation un peu déstructurée. Il est néanmoins regrettable pour l’historien d’art que cette œuvre soit si petite : non pas que cela enlève à sa valeur, bien au contraire, mais la compression de l’image est un frein à la pleine expression du style de son auteur, ce qui implique de rester prudent face à toute suggestion d’attribution.

Mylène Allano, historienne de l'art

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