École italienne et espagnole

JUNON ET JUPITER

Nicolò Maria ROSSI (Vers 1699-Vers 1755)

Vers 1730

Agrandir l'image jpg 139Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Nicolo Maria Rossi (vers 1699 - vers 1755) Junon et Jupiter, vers 1730, huile sur toile, 103 x 76 cm © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

873-1-649

Legs de Silguy, 1864

H. 103 ; L. 76 cm

Cette œuvre est un bozzetto pour un décor plafonnant. Les figures sont en effet vues di sotto in sù, c’est-à-dire vues en raccourci de dessous ; grâce à un effet de perspective très marqué, cette technique illusionniste donne l'impression que les personnages occupent une position élevée et crée même l'impression d’une ascension dans l'espace. Dans le cas présent, on ne sait pas à quel décor cette composition renvoie.

Malgré une profusion de personnages esquissés dans un format somme toute restreint, on arrive à identifier quelques figures grâce à leurs attributs. Ainsi Junon, figure féminine placée sur le nuage au sommet du groupe, un paon à ses côtés ; proche d’elle, Jupiter, son époux, un aigle non loin de lui. La figure ailée placée au centre de la composition pourrait, quant à elle, être Aurore, ainsi que semblent l’indiquer les putti porteurs de torches à ses côtés et celui qui tient un petit soleil, symbole de son frère Hélios. Les personnages chassés au bas de la toile, les joues gonflées pour chasser de l’air par la bouche, incarnent visiblement les vents. Ainsi, le tableau aurait un sens allégorique lié aux éléments (Junon symbolise l’air et Jupiter est le maître de la foudre, de la pluie et des orages). On peut aussi remarquer que les nuages de la partie droite sont dans l’obscurité : est-ce une allégorie du jour qui chasse la nuit, du beau temps qui chasse la tempête ?

On reconnaît ici le style de Nicolò Maria Rossi, peintre napolitain formé auprès de Francesco Solimena et marqué par son maître au point de l’avoir copié à plusieurs reprises. Imitant sa manière, la toile se caractérise par sa composition habile, avec une distribution savante et équilibrée de figures définies de façon très plastique, avec des ombres marquées. Le personnage renversé de dos, qui fait partie du groupe des Vents, constitue même une citation de l’un des Hérétiques dans le détail du Jugement dernier du décor peint par Solimena au plafond de la sacristie de l’église San Domenico Maggiore à Naples. La composition n’est d’ailleurs pas éloignée de celle-ci. En fait, le tableau de Quimper semble correspondre à la production des années 1730 de Rossi, alors au sommet de sa carrière.

Mylène Allano, historienne de l'art

École italienne et espagnole

JUNON ET JUPITER

Nicolò Maria ROSSI (Vers 1699-Vers 1755)

Vers 1730

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Nicolo Maria Rossi (vers 1699 - vers 1755) Junon et Jupiter, vers 1730, huile sur toile, 103 x 76 cm © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

873-1-649

Legs de Silguy, 1864

H. 103 ; L. 76 cm

Cette œuvre est un bozzetto pour un décor plafonnant. Les figures sont en effet vues di sotto in sù, c’est-à-dire vues en raccourci de dessous ; grâce à un effet de perspective très marqué, cette technique illusionniste donne l'impression que les personnages occupent une position élevée et crée même l'impression d’une ascension dans l'espace. Dans le cas présent, on ne sait pas à quel décor cette composition renvoie.

Malgré une profusion de personnages esquissés dans un format somme toute restreint, on arrive à identifier quelques figures grâce à leurs attributs. Ainsi Junon, figure féminine placée sur le nuage au sommet du groupe, un paon à ses côtés ; proche d’elle, Jupiter, son époux, un aigle non loin de lui. La figure ailée placée au centre de la composition pourrait, quant à elle, être Aurore, ainsi que semblent l’indiquer les putti porteurs de torches à ses côtés et celui qui tient un petit soleil, symbole de son frère Hélios. Les personnages chassés au bas de la toile, les joues gonflées pour chasser de l’air par la bouche, incarnent visiblement les vents. Ainsi, le tableau aurait un sens allégorique lié aux éléments (Junon symbolise l’air et Jupiter est le maître de la foudre, de la pluie et des orages). On peut aussi remarquer que les nuages de la partie droite sont dans l’obscurité : est-ce une allégorie du jour qui chasse la nuit, du beau temps qui chasse la tempête ?

On reconnaît ici le style de Nicolò Maria Rossi, peintre napolitain formé auprès de Francesco Solimena et marqué par son maître au point de l’avoir copié à plusieurs reprises. Imitant sa manière, la toile se caractérise par sa composition habile, avec une distribution savante et équilibrée de figures définies de façon très plastique, avec des ombres marquées. Le personnage renversé de dos, qui fait partie du groupe des Vents, constitue même une citation de l’un des Hérétiques dans le détail du Jugement dernier du décor peint par Solimena au plafond de la sacristie de l’église San Domenico Maggiore à Naples. La composition n’est d’ailleurs pas éloignée de celle-ci. En fait, le tableau de Quimper semble correspondre à la production des années 1730 de Rossi, alors au sommet de sa carrière.

Mylène Allano, historienne de l'art

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