Peintures d'inspiration bretonne

ADIEU !

Alfred GUILLOU (1844-1926)

1892

Agrandir l'image jpg 249Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Alfred Guillou (1844-1926) Adieu !, 1892 - Huile sur toile, 1.70 x 2.45 m - Dépôt de l’Etat en 1892, transfert de propriété de l’Etat à la Ville de Quimper en 2013 - Musée des beaux-arts de Quimper © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2013-0-57

Dépôt de l'état de 1892 ; Transfert de propriété de l'Etat à la Ville de Quimper en 2013

H. 170 cm - L. 245 cm

Le peintre Alfred Guillou reste viscéralement un homme de la mer. Né à Concarneau, il passe son enfance dans cet important port de pêche de Bretagne, à la pointe occidentale de la France. Son père Etienne exerce un fort ascendant sur son fils : pilote du port, marin confirmé, propriétaire de bateaux, il encourage Alfred, dès sa prime enfance, à embarquer comme mousse pour plusieurs missions. Toutefois, sa rencontre, alors qu’il a à peine 10 ans, avec l’artiste Eugène Isabey sur les quais de Concarneau sera sans doute déterminante. Peintre autodidacte, Alfred Guillou se décide à partir à vingt ans sur Paris et entre dans l’atelier d’Alexandre Cabanel où il côtoie Henri Regnault, Jules Bastien-Lepage et son futur beau-frère, Théophile Deyrolle. Vite lassé de la grande peinture et de ses sujets mythologiques ou religieux, Guillou se consacre à la représentation de sa Bretagne natale.

A la fin des années 1870, il rejoint régulièrement Deyrolle à Concarneau qui, sous leur impulsion, de port de pêche, devient « port de l’Art », pour reprendre l’expression de l’écrivain Auguste Dupouy. Il expose régulièrement au Salon où les sujets bretons, synonymes d’exotisme folklorique pour les Parisiens, plaisent considérablement. Il accumule les récompenses. Le tableau Adieu ! est ainsi  présenté au Salon de 1892, acheté par l’État, déposé au musée des beaux-arts de Quimper et exposé de nouveau à l’Exposition Universelle de 1900 où il obtient une médaille.

Cette huile sur toile laisse difficilement indifférent le spectateur qui ne peut être que touché par cette scène dramatique, décrite minutieusement dans le journal Le Finistère en 1892 :

 C’est un drame de la mer, comme on en voit tant, hélas ! Un canot, surpris par l’orage, a chaviré au large ; cramponné à l’épave, un marin soutient son jeune fils et lutte contre la mer grondante qui livre aux naufragés de rudes assauts. Depuis combien de temps dure cette agonie ? Des heures et des heures se sont écoulées sans doute, et nul secours n’arrive : l’océan a gagné sa proie. Le moment vient où le père ne tient plus dans ses bras qu’un cadavre ; il étreint fiévreusement l’enfant sur sa poitrine et, avant de le livrer à la grande tombe ouverte, lui met au front un suprême baiser.

Alfred Guillou privilégie dans cette grande toile une composition proche de la narration, visant à faire vibrer la fibre émotionnelle du public qui est invité à « entrer » dans le tableau. Guillou parvient presque à restituer la matière de l’écume qui jaillit des flots et l’air vaporeux qui s’exhale des vagues. L’absence de ligne d’horizon et cette mer démontée occupant tout l’espace de la toile renforcent le caractère immersif du tableau. Il est impossible de reprocher à Alfred Guillou de méconnaître son sujet : on sait que son père était un sauveteur émérite et qu’il fréquentait lui-même quotidiennement la population de marins habitués à côtoyer la mort de près. Les modèles qui ont servi pour ce père et cet enfant à l’agonie ont d’ailleurs été identifiés comme étant des habitants de Concarneau.

Peintures d'inspiration bretonne

ADIEU !

Alfred GUILLOU (1844-1926)

1892

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Alfred Guillou (1844-1926) Adieu !, 1892 - Huile sur toile, 1.70 x 2.45 m - Dépôt de l’Etat en 1892, transfert de propriété de l’Etat à la Ville de Quimper en 2013 - Musée des beaux-arts de Quimper © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2013-0-57

Dépôt de l'état de 1892 ; Transfert de propriété de l'Etat à la Ville de Quimper en 2013

H. 170 cm - L. 245 cm

Le peintre Alfred Guillou reste viscéralement un homme de la mer. Né à Concarneau, il passe son enfance dans cet important port de pêche de Bretagne, à la pointe occidentale de la France. Son père Etienne exerce un fort ascendant sur son fils : pilote du port, marin confirmé, propriétaire de bateaux, il encourage Alfred, dès sa prime enfance, à embarquer comme mousse pour plusieurs missions. Toutefois, sa rencontre, alors qu’il a à peine 10 ans, avec l’artiste Eugène Isabey sur les quais de Concarneau sera sans doute déterminante. Peintre autodidacte, Alfred Guillou se décide à partir à vingt ans sur Paris et entre dans l’atelier d’Alexandre Cabanel où il côtoie Henri Regnault, Jules Bastien-Lepage et son futur beau-frère, Théophile Deyrolle. Vite lassé de la grande peinture et de ses sujets mythologiques ou religieux, Guillou se consacre à la représentation de sa Bretagne natale.

A la fin des années 1870, il rejoint régulièrement Deyrolle à Concarneau qui, sous leur impulsion, de port de pêche, devient « port de l’Art », pour reprendre l’expression de l’écrivain Auguste Dupouy. Il expose régulièrement au Salon où les sujets bretons, synonymes d’exotisme folklorique pour les Parisiens, plaisent considérablement. Il accumule les récompenses. Le tableau Adieu ! est ainsi  présenté au Salon de 1892, acheté par l’État, déposé au musée des beaux-arts de Quimper et exposé de nouveau à l’Exposition Universelle de 1900 où il obtient une médaille.

Cette huile sur toile laisse difficilement indifférent le spectateur qui ne peut être que touché par cette scène dramatique, décrite minutieusement dans le journal Le Finistère en 1892 :

 C’est un drame de la mer, comme on en voit tant, hélas ! Un canot, surpris par l’orage, a chaviré au large ; cramponné à l’épave, un marin soutient son jeune fils et lutte contre la mer grondante qui livre aux naufragés de rudes assauts. Depuis combien de temps dure cette agonie ? Des heures et des heures se sont écoulées sans doute, et nul secours n’arrive : l’océan a gagné sa proie. Le moment vient où le père ne tient plus dans ses bras qu’un cadavre ; il étreint fiévreusement l’enfant sur sa poitrine et, avant de le livrer à la grande tombe ouverte, lui met au front un suprême baiser.

Alfred Guillou privilégie dans cette grande toile une composition proche de la narration, visant à faire vibrer la fibre émotionnelle du public qui est invité à « entrer » dans le tableau. Guillou parvient presque à restituer la matière de l’écume qui jaillit des flots et l’air vaporeux qui s’exhale des vagues. L’absence de ligne d’horizon et cette mer démontée occupant tout l’espace de la toile renforcent le caractère immersif du tableau. Il est impossible de reprocher à Alfred Guillou de méconnaître son sujet : on sait que son père était un sauveteur émérite et qu’il fréquentait lui-même quotidiennement la population de marins habitués à côtoyer la mort de près. Les modèles qui ont servi pour ce père et cet enfant à l’agonie ont d’ailleurs été identifiés comme étant des habitants de Concarneau.

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