Peintures d'inspiration bretonne

LA LÉGENDE DE KERDECK

Fernand LE QUESNE (1856-1932)

1890

Agrandir l'image jpg 183Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Fernand Le Quesne (1856-1932) La Légende de Kerdeck, 1890, huile sur toile, 210 x 282 cm, dépôt de l'Etat au musée de Quimper en 1992 © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

D. 92-2-1

Acquis après de l'artiste par l'Etat au Salon de 1890 ; déposé au musée de Quimper en 1992

H. 210 cm - L. 282 cm

Présenté à Paris au Salon de 1890, cet incroyable tableau peut sembler bien déroutant de prime abord. En effet, les ébats de ces naïades dénudées intriguent autant que la présence bien incongrue de ce joueur de bombarde s'avançant dans l'eau. Pour comprendre le sujet, il faut prendre le temps de déchiffrer le long cartel apposé en bas du cadre qui développe un poème, La Légende de Kerdeck, de Jean-Louis Dubut de Laforest. Cet auteur, fort connu pour ses textes licencieux, était au sommet de sa gloire dans les années 1880. Dans ce poème, il adapte le célèbre mythe d'Hylas et les nymphes en lui apportant une coloration contemporaine et surtout bretonne. Voici donc Yvon, roi des binious qui, enivré de sa musique, se laisse attirer par un impressionnant cortège de nudités qui feignent l'amour pour mieux entraîner notre pauvre musicien à sa perte en le noyant. On notera en passant que le peintre, ignorant la typologie des instruments bretons, a confondu biniou et bombarde, ce qui en dit long sur la conception de l'œuvre, complètement imaginée dans un atelier parisien. Au demeurant, ce tableau apparaît comme une des grandes réussites de cette peinture fin de siècle créant un espace visuel aussi fantaisiste que fascinant. Pour peindre ces nus sensuels, Fernand Le Quesne s'est autant souvenu du célèbre cycle de Marie de Médicis, créé par Rubens, que des plantureuses baigneuses de Courbet. Mais, cette appétence à traiter de ces aguichantes chairs blanches éclaboussées d'écume suggère également une forme d'hommage à son maître, Henri Gervex, qui s'était surpassé en modulant la blancheur des étoffes et d'un nu dans son célèbre Rolla.

Unique par son ambition, son traitement, comme par son imprégnation fabuleuse, ce grand format apparaît comme le chef d'œuvre de Fernand Le Quesne et propulse involontairement le légendaire breton, mis à la mode par Hersart de la Villemarqué, dans une sorte de parodie de chanson de boulevard.

Peintures d'inspiration bretonne

LA LÉGENDE DE KERDECK

Fernand LE QUESNE (1856-1932)

1890

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Fernand Le Quesne (1856-1932) La Légende de Kerdeck, 1890, huile sur toile, 210 x 282 cm, dépôt de l'Etat au musée de Quimper en 1992 © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

D. 92-2-1

Acquis après de l'artiste par l'Etat au Salon de 1890 ; déposé au musée de Quimper en 1992

H. 210 cm - L. 282 cm

Présenté à Paris au Salon de 1890, cet incroyable tableau peut sembler bien déroutant de prime abord. En effet, les ébats de ces naïades dénudées intriguent autant que la présence bien incongrue de ce joueur de bombarde s'avançant dans l'eau. Pour comprendre le sujet, il faut prendre le temps de déchiffrer le long cartel apposé en bas du cadre qui développe un poème, La Légende de Kerdeck, de Jean-Louis Dubut de Laforest. Cet auteur, fort connu pour ses textes licencieux, était au sommet de sa gloire dans les années 1880. Dans ce poème, il adapte le célèbre mythe d'Hylas et les nymphes en lui apportant une coloration contemporaine et surtout bretonne. Voici donc Yvon, roi des binious qui, enivré de sa musique, se laisse attirer par un impressionnant cortège de nudités qui feignent l'amour pour mieux entraîner notre pauvre musicien à sa perte en le noyant. On notera en passant que le peintre, ignorant la typologie des instruments bretons, a confondu biniou et bombarde, ce qui en dit long sur la conception de l'œuvre, complètement imaginée dans un atelier parisien. Au demeurant, ce tableau apparaît comme une des grandes réussites de cette peinture fin de siècle créant un espace visuel aussi fantaisiste que fascinant. Pour peindre ces nus sensuels, Fernand Le Quesne s'est autant souvenu du célèbre cycle de Marie de Médicis, créé par Rubens, que des plantureuses baigneuses de Courbet. Mais, cette appétence à traiter de ces aguichantes chairs blanches éclaboussées d'écume suggère également une forme d'hommage à son maître, Henri Gervex, qui s'était surpassé en modulant la blancheur des étoffes et d'un nu dans son célèbre Rolla.

Unique par son ambition, son traitement, comme par son imprégnation fabuleuse, ce grand format apparaît comme le chef d'œuvre de Fernand Le Quesne et propulse involontairement le légendaire breton, mis à la mode par Hersart de la Villemarqué, dans une sorte de parodie de chanson de boulevard.

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