Peintures d'inspiration bretonne

LES MOISSONNEUSES (ÎLE DE BRÉHAT, BRETAGNE)

Pierre Dupuis (1833-1915)

1893

Agrandir l'image jpg 502Ko (Voir légende ci-après) (fenêtre modale)
Pierre Dupuis (1833-1915), Moissonneuses (île de Bréhat, Bretagne), 1893 - Huile sur toile, diamètre 150 cm © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2014-3-1

Achat auprès d'Artcurial avec l'aide du FRAM

Diamètre : 150 cm

L’île de Bréhat a abrité une importante colonie de peintres à la fin du XIXe siècle. Par une coïncidence fâcheuse, plusieurs de ces bons artistes portent des patronymes gagnés par une célébrité qui les a relégués dans l’ombre. Le cas le plus frappant demeure celui d’Auguste Matisse (1866-1931), excellent peintre de marines, dont l’œuvre a complètement disparu sous la gloire de son presque contemporain Henri Matisse. Heureusement, Pierre Dupuis échappe à cette écrasante comparaison bien que, pour beaucoup d’historiens de l’art, son nom évoque surtout le célèbre peintre de natures mortes du XVIIe siècle.

Notre artiste a été formé à la meilleure école, passant par l’atelier de Léon Cogniet et d’Horace Vernet. Il obtient un second prix au concours du Prix de Rome de 1863 avec Joseph se fait reconnaître par ses frères et débute une longue carrière jalonnée par des envois réguliers au Salon des artistes français.

Ce grand tableau, d’une facture souveraine, date de 1893 et est présenté au public parisien en 1894. Son sujet participe de l’engouement que connaît la Bretagne depuis deux décennies auprès de nombreux artistes. Dupuis, de son côté, est devenu un familier de Bréhat dès le mitan des années 1880 et restera fidèle à l’île jusqu’à sa mort. On sait que les scènes de moisson ont joué un rôle important dans l’élaboration du style de Pont-Aven mais il ne faut guère chercher d’influence dans cette direction. Par contre, il n’est pas douteux que les sujets naturalistes proposés depuis plusieurs années aux Salons forment la trame de son inspiration bréhatine. Adoptant un cadrage photographique, le choix d’un format en lunette accentuant l’effet de zoom, Dupuis décrit, avec une sincérité dénuée de mièvrerie, deux jeunes Bréhatines. Ces dernières, reconnaissables à leur fameux capot, prennent la pose après une journée de moisson harassante et fixent hardiment le spectateur sans se soucier de leurs hardes. Fascinantes de présence et d’autorité, elles dominent un vaste paysage de landes et de champs fermés par un hameau et de forts affleurements rocheux. Dupuis réussit le tour de force d’ignorer la mer dans ce paysage insulaire. La lumière, bien qu’atténuée par l’heure tardive, est traitée crûment et devient presque criarde dans la gamme des orangés qui irisent le blé mûr ou le visage de nos deux moissonneuses. L’ombre portée des capots, loin d’affaiblir leurs regards, en stimule, bien au contraire, la fixité obsédante. Maniant à la perfection une forme de papillotement de la touche, Dupuis saisit la vibration de l’air et insuffle une légère tension dans ce paysage silencieux.

Formidable hommage au monde rural, ce tableau important répond parfaitement aux modèles en faveur sous la Troisième République et prend presque valeur de manifeste. Nos deux petites paysannes ne rejoignent-elles pas le chemin de l’allégorie en assumant le rôle de modernes Cérès ?

Peintures d'inspiration bretonne

LES MOISSONNEUSES (ÎLE DE BRÉHAT, BRETAGNE)

Pierre Dupuis (1833-1915)

1893

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Pierre Dupuis (1833-1915), Moissonneuses (île de Bréhat, Bretagne), 1893 - Huile sur toile, diamètre 150 cm © Musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile

2014-3-1

Achat auprès d'Artcurial avec l'aide du FRAM

Diamètre : 150 cm

L’île de Bréhat a abrité une importante colonie de peintres à la fin du XIXe siècle. Par une coïncidence fâcheuse, plusieurs de ces bons artistes portent des patronymes gagnés par une célébrité qui les a relégués dans l’ombre. Le cas le plus frappant demeure celui d’Auguste Matisse (1866-1931), excellent peintre de marines, dont l’œuvre a complètement disparu sous la gloire de son presque contemporain Henri Matisse. Heureusement, Pierre Dupuis échappe à cette écrasante comparaison bien que, pour beaucoup d’historiens de l’art, son nom évoque surtout le célèbre peintre de natures mortes du XVIIe siècle.

Notre artiste a été formé à la meilleure école, passant par l’atelier de Léon Cogniet et d’Horace Vernet. Il obtient un second prix au concours du Prix de Rome de 1863 avec Joseph se fait reconnaître par ses frères et débute une longue carrière jalonnée par des envois réguliers au Salon des artistes français.

Ce grand tableau, d’une facture souveraine, date de 1893 et est présenté au public parisien en 1894. Son sujet participe de l’engouement que connaît la Bretagne depuis deux décennies auprès de nombreux artistes. Dupuis, de son côté, est devenu un familier de Bréhat dès le mitan des années 1880 et restera fidèle à l’île jusqu’à sa mort. On sait que les scènes de moisson ont joué un rôle important dans l’élaboration du style de Pont-Aven mais il ne faut guère chercher d’influence dans cette direction. Par contre, il n’est pas douteux que les sujets naturalistes proposés depuis plusieurs années aux Salons forment la trame de son inspiration bréhatine. Adoptant un cadrage photographique, le choix d’un format en lunette accentuant l’effet de zoom, Dupuis décrit, avec une sincérité dénuée de mièvrerie, deux jeunes Bréhatines. Ces dernières, reconnaissables à leur fameux capot, prennent la pose après une journée de moisson harassante et fixent hardiment le spectateur sans se soucier de leurs hardes. Fascinantes de présence et d’autorité, elles dominent un vaste paysage de landes et de champs fermés par un hameau et de forts affleurements rocheux. Dupuis réussit le tour de force d’ignorer la mer dans ce paysage insulaire. La lumière, bien qu’atténuée par l’heure tardive, est traitée crûment et devient presque criarde dans la gamme des orangés qui irisent le blé mûr ou le visage de nos deux moissonneuses. L’ombre portée des capots, loin d’affaiblir leurs regards, en stimule, bien au contraire, la fixité obsédante. Maniant à la perfection une forme de papillotement de la touche, Dupuis saisit la vibration de l’air et insuffle une légère tension dans ce paysage silencieux.

Formidable hommage au monde rural, ce tableau important répond parfaitement aux modèles en faveur sous la Troisième République et prend presque valeur de manifeste. Nos deux petites paysannes ne rejoignent-elles pas le chemin de l’allégorie en assumant le rôle de modernes Cérès ?

Pierre Depuis Moissonneuses (Ile de Bréhat)

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