École italienne et espagnole

LE SUPPLICE DE REGULUS

Panfilo NUVOLONE (1581-1651)

1613

Panfilo Nuvolone Le Supplice de Régulus
Panfilo Nuvolone (1581-1651) Le Supplice de Régulus, 1613, huile sur bois, 74 x 97 cm © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur bois

873-1-539

Legs de Silguy, 1864

H. 74 ; L. 97 cm

Marcus Regulus, général romain, remporte des victoires contre les Carthaginois avant de tomber entre leurs mains. Ceux-ci lui proposent alors de rentrer à Rome pour négocier auprès des siens la cessation des combats, ou au moins un échange de prisonniers, contre sa parole d'honneur de rentrer à Carthage en cas d’échec de sa mission. Or, devant le Sénat romain et contre toute attente, Regulus déconseille de choisir l'une de ces options, puis — fidèle à son serment — rentre à Carthage. Là, selon les sources, il est soit exécuté, soit horriblement torturé à mort. C’est l’option choisie dans ce tableau : tandis que des bourreaux lui maintiennent les jambes au sol et lui immobilisent la tête, un autre s’apprête à lui crever les yeux. L’accent est mis sur l’intensité dramatique de la scène. Très théâtral, l’épisode principal se déroule au premier plan, face au spectateur. Marcus Regulus, représenté tel un martyr chrétien, semble implorer le ciel.

La récente restauration de ce tableau a fait apparaître la signature de Panfilo Nuvolone et la date de 1613. Il s’agit d’une découverte de grande importance car on connaît peu de tableaux certains de la main de cet artiste. Sa première réalisation signée et datée de 1607, la Madone de Saint Celso avec les saints Nicolas et Costanza (église de Canonica d’Adda) est une œuvre plutôt modeste, archaïsante et hiératique. Le tableau de Quimper, réalisé 6 ans plus tard, montre clairement une évolution de sa manière vers un académisme emphatique, inspiré des modèles du maniérisme lombard développé sur les modèles de Camillo Procaccini (1561-1629). A l’instar des autres œuvres connues de Panfilo, le tableau de Quimper s’illustre par son dessin net, les effets sculpturaux des corps massifs, une large utilisation de couleurs changeantes et de raccourcis, de forts contrastes d'ombres et de lumières. Panfilo fut aussi un peintre de natures mortes, goût qui se ressent dans tous les détails disposés au premier plan de sa composition : cordes, cimeterre et bouclier posé sur le bord de la marche sont traités avec soin dans le rendu des matières.

Mylène Allano, historienne de l'art

École italienne et espagnole

LE SUPPLICE DE REGULUS

Panfilo NUVOLONE (1581-1651)

1613

Panfilo Nuvolone Le Supplice de Régulus
Panfilo Nuvolone (1581-1651) Le Supplice de Régulus, 1613, huile sur bois, 74 x 97 cm © musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur bois

873-1-539

Legs de Silguy, 1864

H. 74 ; L. 97 cm

Marcus Regulus, général romain, remporte des victoires contre les Carthaginois avant de tomber entre leurs mains. Ceux-ci lui proposent alors de rentrer à Rome pour négocier auprès des siens la cessation des combats, ou au moins un échange de prisonniers, contre sa parole d'honneur de rentrer à Carthage en cas d’échec de sa mission. Or, devant le Sénat romain et contre toute attente, Regulus déconseille de choisir l'une de ces options, puis — fidèle à son serment — rentre à Carthage. Là, selon les sources, il est soit exécuté, soit horriblement torturé à mort. C’est l’option choisie dans ce tableau : tandis que des bourreaux lui maintiennent les jambes au sol et lui immobilisent la tête, un autre s’apprête à lui crever les yeux. L’accent est mis sur l’intensité dramatique de la scène. Très théâtral, l’épisode principal se déroule au premier plan, face au spectateur. Marcus Regulus, représenté tel un martyr chrétien, semble implorer le ciel.

La récente restauration de ce tableau a fait apparaître la signature de Panfilo Nuvolone et la date de 1613. Il s’agit d’une découverte de grande importance car on connaît peu de tableaux certains de la main de cet artiste. Sa première réalisation signée et datée de 1607, la Madone de Saint Celso avec les saints Nicolas et Costanza (église de Canonica d’Adda) est une œuvre plutôt modeste, archaïsante et hiératique. Le tableau de Quimper, réalisé 6 ans plus tard, montre clairement une évolution de sa manière vers un académisme emphatique, inspiré des modèles du maniérisme lombard développé sur les modèles de Camillo Procaccini (1561-1629). A l’instar des autres œuvres connues de Panfilo, le tableau de Quimper s’illustre par son dessin net, les effets sculpturaux des corps massifs, une large utilisation de couleurs changeantes et de raccourcis, de forts contrastes d'ombres et de lumières. Panfilo fut aussi un peintre de natures mortes, goût qui se ressent dans tous les détails disposés au premier plan de sa composition : cordes, cimeterre et bouclier posé sur le bord de la marche sont traités avec soin dans le rendu des matières.

Mylène Allano, historienne de l'art

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