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Jean-Marie de Silguy (1785-1864) d’après Edmé Bouchardon - "Académie d’homme debout tenant un bâton" - Dessin à la sanguine sur papier, 66 x 43,2 cm - Musée des beaux-arts de Quimper

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Accrochage à venir "C'est du béton - Eloge du muscle"

A travers 20 dessins de nus masculins issus de la réserve des arts graphiques, le musée organise un clin d’œil humoristique et décalé aux Jeux Olympiques de Paris. Ces dessins pourraient être regardés comme autant d’images surannées d’une virilité stéréotypée qui s’exprimerait à travers ces corps athlétiques à la musculature puissante. Il n’en est rien.

En effet, ces feuilles sont pour la plupart des « académies », c’est-à-dire des dessins exécutés d’après le modèle vivant. Loin d’être une fin en soi, ces représentations de nus étaient avant tout une étape dans l’apprentissage des disciplines artistiques ou dans l’exécution d’une œuvre peinte ou sculptée. Exercice obligé de tout jeune artiste depuis la création de la première académie à Florence durant la Renaissance, cette pratique - avec celle du dessin « d’après la bosse » (c’est-à-dire d’après la sculpture antique, essentiellement gréco-romaine) – permettait d’acquérir les notions élémentaires d’anatomie afin de représenter le plus justement possible le corps humain. Les modèles – exclusivement masculins car les femmes n’étaient pas autorisées à poser dans les ateliers à cette période - exposaient leurs corps musculeux dans des poses parfois contraintes, soutenus par des cordes ou des accessoires qui leur permettaient de tenir la pose durant des heures.

Dans certains collèges, lycées et institutions d’enseignement supérieur, l’apprentissage du dessin passait aussi par la copie de moulages d’antiques et par celle d’académies réalisées par des artistes aguerris qui s’érigeaient alors en exemple, faute de modèles vivants. C’est ainsi que Jean-Marie de Silguy (1785-1864), généreux donateur du musée, ainsi que sa sœur Marie-Euphrasie (1787-1864), exécutèrent quelques copies d’après les études de nus du sculpteur Edmé Bouchardon (1698-1762). Celles-ci ont rejoint les collections du musée aux côtés de nombreuses académies que l’ingénieur des Ponts et Chaussées avait collectionnées pour leur exemplarité.

Cette sélection de dessins au fusain, crayon noir, sanguine ou craie brune, permet d’ouvrir une fenêtre sur la formation artistique de cette fin xviiie et du début du xixe siècle et de mieux comprendre l’importance de la représentation du nu dans la production artistique en tant que vecteur de la Beauté idéale et des canons définis par la statuaire antique.

18 avril-30 septembre 2024
1er étage - cabinet des arts graphiques - salle 16

L'accrochage "C'est du béton - L'éloge du muscle" et ses déclinaisons d'animations sont labellisées "Olympiade culturelle".

Visites guidées « L’art du nu »
Les dimanches 21 avril et 19 mai à 15h

Visites flash de la Nuit des musées samedi 18 mai de 20h15 à 23h30

Atelier « Croquer les sculptures »
Avec Béatrice Giffo, artiste dessinatrice
Samedi 27 avril à 14h

Atelier « Silhouette et couleur »
Avec Béatrice Giffo, artiste dessinatrice
Samedi 11 mai à 14h